Les tribulations d’un jeune maître de conférence

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Archives de septembre 4th, 2008

On prend ses marques

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Je m’installe petit à petit. Arrivé le matin, je fais un rapide tour de bureaux, histoire qu’on se rappelle bien qu’un nouveau collègue vient d’arriver. Mon bureau provisoire est un peu excentré donc je pourrais passer la journée ici sans qu’on s’en apercevoir si je voulais. Je vois le directeur du laboratoire. Il a l’air content de me voir. En cadeau de bienvenu, il me rend ma thèse, qu’il avait reçu au moment de mon audition au mois de juin. Sympa.

Première tache de la journée: ouvrir mon bureau provisoire. Bureau du directeur (enfin de l’ex directeur), la secrétaire n’a pas le double. C’est l’informaticien qui finit par m’ouvrir. On me promet que le service technique viendra me remettre une clé. Cela sera fait dans la journée. C’est un très bon point, et ça change de mon ancienne fac…

Premier déjeuner avec les collègues dans ma nouvelle cantine: celle du CNRS.  Bon marché et on mange pas avec les étudiants, faut pas se mélanger… Il faut que je me fasse également ma carte professionnelle du CNRS. Le déjeuner, c’est le moment stratégique. Là où s’échangent toutes les informations. J’écoute religieusement mes nouveaux collègues. Ils sont plutôt accueillant.

A la fac, on m’installe mon ordinateur. “Que du provisoire” me promet-on. En tout cas, l’informaticien aura fait son job dans les temps. Un compte est crée et un espace sur le réseau. Par contre, je n’ai pas les droits administrateurs… Je me fais une liste de tous les logiciels dont j’ai besoin (Firefox, LateX, pdfcreator…). Je retournerai voir mon nouvel ami l’informaticien plus tard.

Cela tombe bien que mon ordinateur arrive car le collègue à qui je squatte le bureau débarque. “Ah, ba ça y-est tu dors ici!!!?”, me sort-il avec un grand sourire. Ba oui, c’est vrai, j’ai une réputation de parisien (enfin une réputation, je suis parisien, c’est tout). Et le parisien, à la fac, il est connu pour une seule chose: il ne vient jamais à la fac. Il reste chez lui, ou enfin à Paris du moins. Le parisien ne sort pas de Paris, c’est bien connu. Pourtant je suis là, et du coup, ça a l’air de surprendre. Le collègue enchaîne: “Pendant la commission de spécialiste (l’instance qui choisit les recrutements), j’ai du me battre contre des collègues qui ne voulait pas embaucher un parisien car “un parisien, ça ne vient jamais au labo”. Résultat, tu as quand même été recruté et en plus, tu viens trop“. Je viens trop, c’est la meilleure celle là. J’ai l’impression que je dois naviguer entre la présence tout en évitant l’excès de zèle.. Je commence à me dire que “cela ne se fait pas de venir tout le temps”. :) Du coup, aujourd’hui, je suis chez moi! Les collègues ont l’air, sans m’avoir rien demandé, d’avoir intégré que je prendrais le train. Un collègue me propose de me raccompagner à la gare, un autre me demande quels jours je serais là (je réponds “à peu près tout le temps” et le collègue me regarde avec des yeux ébahis). Bref, il faut que je prenne mes marques…
Prochaine étape, obtenir son vrai bureau. Enfin, le définitif, quoi. Lundi, je signe mon PV d’installation. Ah oui, j’oubliais. Dans la salle des profs, un casier m’attend avec mon nom soigneusement écrit dessus. Fièrement, je relève mon courrier pour la première fois de ma carrière: de la pub, mais du courrier quand même. :-)

Rédigé par Maitredeconf'

septembre 4, 2008 à 6:51