Les tribulations d’un jeune maître de conférence

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On prend ses marques

avec 7 commentaires

Je m’installe petit à petit. Arrivé le matin, je fais un rapide tour de bureaux, histoire qu’on se rappelle bien qu’un nouveau collègue vient d’arriver. Mon bureau provisoire est un peu excentré donc je pourrais passer la journée ici sans qu’on s’en apercevoir si je voulais. Je vois le directeur du laboratoire. Il a l’air content de me voir. En cadeau de bienvenu, il me rend ma thèse, qu’il avait reçu au moment de mon audition au mois de juin. Sympa.

Première tache de la journée: ouvrir mon bureau provisoire. Bureau du directeur (enfin de l’ex directeur), la secrétaire n’a pas le double. C’est l’informaticien qui finit par m’ouvrir. On me promet que le service technique viendra me remettre une clé. Cela sera fait dans la journée. C’est un très bon point, et ça change de mon ancienne fac…

Premier déjeuner avec les collègues dans ma nouvelle cantine: celle du CNRS.  Bon marché et on mange pas avec les étudiants, faut pas se mélanger… Il faut que je me fasse également ma carte professionnelle du CNRS. Le déjeuner, c’est le moment stratégique. Là où s’échangent toutes les informations. J’écoute religieusement mes nouveaux collègues. Ils sont plutôt accueillant.

A la fac, on m’installe mon ordinateur. “Que du provisoire” me promet-on. En tout cas, l’informaticien aura fait son job dans les temps. Un compte est crée et un espace sur le réseau. Par contre, je n’ai pas les droits administrateurs… Je me fais une liste de tous les logiciels dont j’ai besoin (Firefox, LateX, pdfcreator…). Je retournerai voir mon nouvel ami l’informaticien plus tard.

Cela tombe bien que mon ordinateur arrive car le collègue à qui je squatte le bureau débarque. “Ah, ba ça y-est tu dors ici!!!?”, me sort-il avec un grand sourire. Ba oui, c’est vrai, j’ai une réputation de parisien (enfin une réputation, je suis parisien, c’est tout). Et le parisien, à la fac, il est connu pour une seule chose: il ne vient jamais à la fac. Il reste chez lui, ou enfin à Paris du moins. Le parisien ne sort pas de Paris, c’est bien connu. Pourtant je suis là, et du coup, ça a l’air de surprendre. Le collègue enchaîne: “Pendant la commission de spécialiste (l’instance qui choisit les recrutements), j’ai du me battre contre des collègues qui ne voulait pas embaucher un parisien car “un parisien, ça ne vient jamais au labo”. Résultat, tu as quand même été recruté et en plus, tu viens trop“. Je viens trop, c’est la meilleure celle là. J’ai l’impression que je dois naviguer entre la présence tout en évitant l’excès de zèle.. Je commence à me dire que “cela ne se fait pas de venir tout le temps”. :) Du coup, aujourd’hui, je suis chez moi! Les collègues ont l’air, sans m’avoir rien demandé, d’avoir intégré que je prendrais le train. Un collègue me propose de me raccompagner à la gare, un autre me demande quels jours je serais là (je réponds “à peu près tout le temps” et le collègue me regarde avec des yeux ébahis). Bref, il faut que je prenne mes marques…
Prochaine étape, obtenir son vrai bureau. Enfin, le définitif, quoi. Lundi, je signe mon PV d’installation. Ah oui, j’oubliais. Dans la salle des profs, un casier m’attend avec mon nom soigneusement écrit dessus. Fièrement, je relève mon courrier pour la première fois de ma carrière: de la pub, mais du courrier quand même. :-)

Rédigé par Maitredeconf'

septembre 4, 2008 à 6:51

La première journée

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On avait tous sorti nos plus beaux cartables, longuement étudié la meilleure tenue vestimentaire et nous étions couché, la boule au ventre, comme au bon vieux temps des rentrées scolaires. On s’était levé très tôt, il faisait encore nuit et froid et il fallait utiliser cette bonne vieille carte fréquence qui ne tarderait pas à devenir notre meilleure amie. Il fallait bien étudier le plan du campus pour être sûr de trouver l’amphi dans lequel nous étions convoqué. Et nous étions là, tous là, les nouveaux recrutés de cette belle fac ***.

09H00. “Bonjour Monsieur, souhaitez vous faire la visite de la fac et déjeuner avec nous?”. Evidemment. On ne raterait cela pour rien au Monde. Monsieur le président de l’Université nous souhaitait la bienvenue et nous présentait avec passion son université, son histoire, ces composantes. Tout le monde y passe: la médecine de prévention, le service informatique, l’association des personnels qui permet de payer pas cher au Parc Asterix. Deux heures trente plus tard, nous savons tout de notre nouveau lieu de travail. Je découvre la MGEN à la sortie, il faut penser à la nouvelle mutuelle. On s’engouffre dans un bus pour faire le tour du campus (c’est pour dire comme il est grand mon campus). Et on déjeune dans une des 5 cafets disponibles. Et voila, je suis bien là. Il faut encore attendre un peu pour signer mon PV d’installation (mon contrat, enfin je crois).

L’après-midi, je me rends dans le bâtiment qui loge mon laboratoire. Pas grand monde. Enfin, je suis mauvaise langue. Les chefs sont là. Pas le mien. Ca tombe bien car je vais devoir squatter son bureau pendant quelques temps. Je m’installe donc dans le bureau du “directeur des études économiques”. Directeur qu’il n’est plus de la rentrée mais la plaque trone toujours fièrement sur sa porte. C’est d’ailleurs pour cela qu’il ne vient pas trop en ce moment, m’a-t-il expliqué, trop d’étudiants passent dans le coin. On peut pas bosser! Bref. Mon bureau est actuellement occupé par le directeur des études juridiques, qui doit déménager dans un des bureaux de gestion qui doivent également déménager dans une autre aile du batiment. Bref, tant que les uns ne se décident pas, je ne peux pas avoir mon bureau. Comme je n’ai pas encore signé mon PV d’installation, je n’ai pas le fameux numéro HARPEGE. Je ne sais pas à quoi cela sert mais je comprends que sans lui, impossible d’avoir un email et l’accès à l’espace numérique de travail. Pas d’ordi, pas de bureau, pas de login. Je ne me plains pas. C’est bien normal. Il faut que la machine s’organise. Et ici au moins, c’est pas le personnel ou les doctorants qui font le déménagement.

Je vais dire bonjour aux secrétaires, à mes nouveaux collègues, au service du planning. Je finis de boucler mon service et mon emploi du temps. Bref, je prends mes marques, doucement mais surement. Tout s’accélèrera la semaine prochaine. Pour l’instant, je m’active.. doucement.

Rédigé par Maitredeconf'

septembre 2, 2008 à 6:46